Ca y est je crée ma boîte !

Ca y est je crée ma boite!

Christian CHARLAT le 3 Novembre 2017 

 

 « Ca y est ! Je crée ma boîte …

… en restant dans mon entreprise. »

 

Ca porte un nom et ça s’appelle l’intrapreneuriat.

Le monde du travail va évoluer nous le savons tous. Tout le monde ne pourra pas être fonctionnaire ou salarié en CDI dans une très grande entreprise avec un confort, un statut et un parcours bien balisé.

Tous les jeunes qui entrent dans la vie active le savent bien. Pas de CDI pas d’appartement, de crédit bref…Si la réflexion sur l’avenir du travail va bon train, la réalité concrète reste quant à elle très traditionnelle.

Une fois ce CDI en poche nos jeunes recrues connaîtront la satisfaction d’être insérés dans le trafic.

Bien.

Malheureusement très vite ils se rendront compte que la seule chose « d’agile » dans le monde du travail aujourd’hui ce sont les concepts, les déclarations, les analyses, les mots.

Le reste évolue très lentement.

Alors il y aura un moment de déception, de doute. De perte de motivation.

En route donc pour une nouvelle entreprise avec un nouveau CDI et…peut-être le même constat. La succession de CDI ne règle pas le problème de la motivation des jeunes milléniums en entreprise.

 

Alors pourquoi pas développer une culture d’entrepreneurs au sein des entreprises afin de permettre aux plus doués de leurs salariés de rester tout en se renouvelant sans cesse comme s’ils travaillaient à leur propre compte ?

Qu’est-ce que l’intrapreneuriat ?

Plusieurs définitions ont été données depuis la création de ce concept dans les années 70.

 

« L’intrapreneur est le membre d’une grande entreprise qui, en accord avec elle et tout en restant salarié de son entreprise, possède un projet viable intéressant l’entreprise et qu’il peut réaliser en son sein. Il est celui qui transforme une idée en activité rentable au sein d’une organisation. » Advencia, avril 2008

 

« L’intrapreneuriat est un processus qui se produit à l’intérieur d’une firme existante, indépendamment de sa taille et qui ne mène pas seulement à de nouvelles entreprises, mais aussi à d’autres activités et orientations innovatrices, tels que le développement de nouveaux produits, services, technologies, techniques administratives, stratégies et postures compétitives. » Antonicic et Hisrich

 

«La mise en œuvre d’une innovation par un employé, un groupe d’employés ou tout individu travaillant sous le contrôle de l’entreprise.» (Carrier, 1997).

 

« L’intrapreneuriat désigne une capacité collective et organisationnelle pour encourager et accompagner la prise d’initiatives, à tous niveaux dans une entreprise. » Thierry Picq, 2005

 

Ce qui caractérise la vie d’indépendant c’est bien la faculté de s’affranchir des lourdeurs, et procédures internes des organisations afin de créer en toute liberté, d’innover, de proposer, bouger, aller vite.

Les contraintes de cet état sont le manque de moyens, de compétences, de ressources, de sécurité des revenus pendant la phase d’élaboration, de test, d’essais.

Assez intuitivement on se dit que réunir le meilleur de ces deux mondes serait une solution gagnant/gagnant.

Pour les jeunes salariés qui peuvent ainsi se mettre en avant, créer des conditions de travail optimum. Pour l’entreprise qui peut ainsi fidéliser ceux de ses collaborateurs qui ont quelque chose de différent à offrir. L’entreprise peut également bénéficier de la richesse créative de ses collaborateurs. Inventer de nouveaux produits ou services qui seront la croissance de demain.

 

Développer l’intrapreneuriat et le désenclaver.

On sent bien que c’est une piste qui mérite d’être développée. D’ailleurs plusieurs grands groupes hébergent des « start-up » en leur sein.

Pour autant plusieurs contraintes empêchent l’émergence de nouvelles formes de travail au sein des entreprises :

  • Même si l’actualité législative montre une évolution de notre code du travail. De manière générale le droit ne favorise pas ces statuts hybrides au sein des entreprises. Innovation et droit semblent deux concepts difficiles à réconcilier. Et pourtant entre l’indépendance du statut d’autoentrepreneur qui semble séduire beaucoup de jeunes et celui de salariés on devrait pouvoir inventer de nombreux statuts de collaborations actives entre entreprises et salariés entrepreneurs.

 

  • Sortir du carcan de la seule innovation technologique. Si l’on comprend tout à fait que la mise en disponibilité au sein de l’entreprise de certains salariés afin de travailler sur des projets innovants est un facteur de succès. Nous pensons qu’il ne faut pas limiter l’intrapreneuriat uniquement à ces nouveaux services innovations qui fleurissent au sein des grands groupes. L’intrapreneuriat doit être compris comme un nouveau mode de management de jeunes salariés. Si les détachements partiels ou totaux sur certains individus est un premier pas compréhensible nous pensons qu’il s’agit d’un état d’esprit global à développer au sein de l’entreprise celui du comportement « d’entrepreneur salarié ». Souvent ces salariés détachés retournent à leur service d’origine. On peut imaginer la frustration. Souvent ce retour « à la normale » entraîne une décision radicale chez le collaborateur qui passe directement de la phase intra à celle de la création pure et dure. Si cette évolution n’est pas en soi mauvaise (nous avons besoin d’entrepreneurs) je ne pense pas qu’il s’agisse de l’objectif recherché par l’entreprise.

 

  • Cette révolution douce aura un impact considérable sur tous les aspects du management des collaborateurs au sein des entreprises et des fonctions RH. Nous savons tous que les ressources d’audit externes, les prestataires extérieurs ne sont pas gérés de la même manière que les salariés. Si les uns sont soumis à une obligation de résultat ; le paiement se fera à la livraison du travail convenu ; les salariés sont soumis à une multitude de contrôles et mesures constantes qui brident leur créativité. (voir nos articles surles évaluations, la culture de l’encouragement).

Les mots ont leur importance. Une nouvelle tendance parle aujourd’hui de management « débridé » c’est-à-dire en sous-entendu qui valorise la prise d’initiative et supprime tout ce qui bride les salariés.

 

Quelle serait la solution qui permettrait d’étendre les expérimentations de cette nature ?

 

Il existe des zones franches fiscales.

Pourquoi ne pas créer au sein des entreprises qui le souhaitent des zones franches où des salariés qui voudraient travailler sur la base du volontariat pourraient devenir des « entrepreneurs salariés » travailler comme des entrepreneurs indépendants avec une obligation de résultat au profit de l’entreprise.

La valeur crée pourrait être partagée entre l’entreprise qui a porté le risque de l’entrepreneur et le « salarié entrepreneur » qui a inventé ou créé cette valeur par son industrie ; tout ceci peut être encadré quant aux modalités de mise en œuvre.

 

Si nous n’expérimentons pas, en France, qui est un pays de culture inventive de nouvelles modalités de travail ; nous serons condamnés à importer tardivement des modalités venues d’ailleurs.

Parallèlement à ces nouveaux « contrats de travail hybrides » il faudra fédérer les partenaires sociaux historiques, les banques, les administrations, les syndicats.

Afin que ces « salariés » d’un nouveau type, souvent jeunes ne se retrouvent pas avec des partenaires qui refuseront de les intégrer dans le trafic selon l’expression. Pas de cdi pas de….

Sortons de ces archaïsmes afin d’épouser notre époque.

Tout le monde sortira gagnant ; l’entreprise qui bénéficie d’entrepreneurs maisons qui seront les locomotives du changement (la valeur de l’exemple est contagieux), de l’innovation, de l’activité. Ces salariés qui veulent profiter des moyens financiers, logistiques et compétences offerts par l’entreprise tout en prenant des risques personnels.

Cet article ne prétend pas apporter une solution simple à des sujets complexes.

Mon expérience de salarié d’un grand groupe et d’actuel entrepreneur me permet de percevoir toute la richesse que nous pouvons tirer de ce débat si nous savons le mener intelligemment.

 

Merci de donner votre avi

 

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