Comment réussir sa prise de poste?

Christian CHARLAT le 20 Août  2018  

#5 Intelligence émotionnelle

Comment réussir sa prise de poste?

Félicitations !

La mission tant convoitée, la promotion pour laquelle vous avez tant travaillé d’arrache-pied depuis plusieurs années vient de vous être proposée.

Et pourtant si vous n’y prenez garde. Ce qui a fait votre succès va provoquer votre échec.

C’est le grand paradoxe du changement ; ceux qui réussissent vont naturellement poursuivre les attitudes, méthodes, comportements qui ont fait leur succès. C’est parfaitement logique et intuitivement incontestable. Malheureusement c’est l’assurance de problèmes très rapides.

Les qualités qu’il faut démontrer à un niveau de responsabilités ne sont pas toutes les mêmes que celles qu’il faudra développer à l’étage du dessus.

Une fois encore l’intelligence émotionnelle nous propose des solutions à mettre en œuvre afin de prendre conscience déjà du sujet et ensuite mettre en place la bonne stratégie d’action et de changement.

Prise de conscience que changer c’est abandonner 

Nous sommes ainsi fait ; nous avons besoin de sécurité. Démultiplier, intensifier ce que nous savons faire et avons fait avec succès sera un penchant naturel du nouveau manager ou leader qui a franchi une étape.

La première étape vers le développement de nouveaux savoirs et comportements sera la prise de conscience que certaines tâches que nous effectuions dans notre précédente fonction, certains comportements devront être changés. Si nous prenons le premier point nous avons tous vus ces nouveaux managers qui continuent à effectuer certaines tâches et assurer certaines responsabilités de leur fonction d’avant. Cette attitude génère de nombreux dysfonctionnements. D’abord l’environnement ne voyant pas le changement continue à se comporter vis-à-vis de ce manager comme avant. Ensuite la personne qui a succédé à ce manager doit gérer un problème insurmontable qui sera des incursions perpétuelles de son actuel patron dans son domaine de compétence. C’est une double perte pour le nouveau manager qui perd du temps à s’ajuster vers le haut et pour le successeur qui faute de pouvoir prendre tout son périmètre ne développe pas non plus les qualités nécessaires.

C’est un grand classique que nous avons tous rencontré.

Le deuxième point est la prise de conscience qu’il faudra travailler de nouveaux savoirs. Là aussi les organisations sont plutôt avares d’accompagnement des promotions. Il existe bien des parcours de formations pour certains postes managèriaux identifiés. Mais souvent, les entreprises ont bien développé les sujets d’intégrations de nouveaux collaborateurs et assez mal les sujets d’accompagnement des promotions au sein de la structure. La montée en compétence n’est presque jamais organisée.

A défaut d’accompagnement par un mentor qui est un manager senior qui pilote avec le nouveau promu son passage d’un état à un autre ; ou un coaching professionnel mis en place par l’entreprise. Il faudra bien se débrouiller seul.

Les bonnes questions seront les suivantes :

« Quelles sont les missions de ce nouveau poste ? Qu’est-ce que l’entreprise ou la structure attend de ce poste ?  Si l’on m’a nommé moi ; quelles sont les qualités personnelles qui peuvent faire la différence et que je dois amplifier ? »

Un temps d’introspection ; d’analyse permettra d’en gagner beaucoup temps par la suite. Là aussi il est contre intuitif de se dire je prends une nouvelle mission je dois me jeter à corps perdu dans la mélée… alors que la bonne attitude serait déjà de prendre un temps, d’observation, de compréhension, de consultation afin d’établir un plan d’action professionnel et personnel adapté à la situation et aux nouvelles exigences.

Comme nous l’avons vu évoluer c’est déjà éprouver un sentiment de perte dans un premier temps. Perte de repères, sécurité, cela s’appelle sortir de sa zone de confort. Il faut aller vers un nouvel équilibre personnel et professionnel.

Le deuxième élément est l’adaptabilité.

 

L’adaptabilité

 

Tout le monde connaît cette phrase « il y a deux sortes de réalistes. Ceux qui tiennent compte des faits et ceux qui les créent »

Être adaptable est justement le contraire de cette phrase qui peut passer à première lecture pour être l’illustration d’une ambition de bon aloi ; mais également dans un deuxième temps pour de la suffisance ou de l’aveuglement. L’adaptabilité est justement le contraire de ça. Il s’agit de refuser de penser que l’on détient la vérité et que son attitude, ses compétences, son savoir, sont les bonnes une bonne fois pour toute.

Il faut avoir des convictions, une vision, des objectifs mais être souple dans la compréhension des ajustements que le service de la mission suppose.

Être adaptable c’est être dans l’efficacité pure au service des objectifs et missions de son poste. Même s’il faut s’oublier soi et ses réactions instinctives.

Face à une situation nouvelle il a été défini plusieurs stratégies de comportements possibles :

Fuir la situation : nier le problème, éviter les situations difficiles

Se cantonner à ses idées : s’obséder sur ses idées, ses solutions, ruminer

Extérioriser sa tension : se plaindre, décharger sa colère, sa frustration sur son environnement

S’isoler : le chef dans sa tour d’ivoire

Se laisser abattre : être confus, se faire des reproches, nourrir des remords, se montrer impuissant

S’opposer : trouver un coupable, blâmer, rejeter sa responsabilité, agresser, résister…

L’adaptabilité en intelligence émotionnelle sera de développer une stratégie en 4 points essentiels afin de tirer le meilleur des situations nombreuses que le monde professionnel nous propose.

L’acceptation : admettre la situation telle qu’elle est, ne pas la grossir ni la minimiser.

S’inspirer de son environnement : chercher des informations afin de compléter sa bonne perception et compréhension du sujet, demander des avis, de l’aide, des conseils afin de recueillir un maximum d’avis extérieur.

Se mettre en phase : ne pas hésiter à tester ses solutions, les adapter en fonction des résultats obtenus. De demander à des tiers d’évaluer le travail de son équipe et le sien. Acquérir de nouvelles compétences et de nouveaux savoir-faire.

On a souvent présenté l’adaptabilité ; comme la faculté de s’adapter dans le sens de subir « en silence et avec bonne humeur » une situation.

L’adaptabilité dans le sens de l’intelligence émotionnel serait plutôt de s’approprier son environnement et y répondre au mieux.

On devient, ainsi, acteur du changement. Et pour commencer de son propre changement; qui est la première étape.

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