Faut Il avoir peur de la croissance de la demande de prêts immobiliers?

L’accès au financement est-il si ouvert que cela? 

Christian CHARLAT courtier en prêts le 13 Juillet 2019 

L’investissement est un vecteur de croissance ; tout le monde devrait se réjouir de la dynamique des investissements des ménages Français dans l’immobilier. 

Nous aurions pu intituler cet article sommes nous en surchauffe concernant les prêts immobiliers ? 

La Banque de France soulignait dernièrement la bonne dynamique de ce marché.

« En mai 2019, la croissance des crédits aux particuliers se maintient à un niveau élevé à 6,2 %, toujours portée par la progression dynamique des prêts à l’habitat (6,3 %, après 6,2 % en avril et 6,1 % en mars).

La croissance des prêts à la consommation se stabilise à 6,1 % en mai et reste forte.

Le taux d’intérêt moyen des crédits nouveaux à l’habitat diminue encore en mai, à la fois pour les prêts à long terme et à taux fixe (1,46 %, après 1,49 % en avril) et pour ceux à court terme et à taux variable (1,48 %, après 1,51 % en avril)

Les encours de prêts à l’habitat sont de 1249 Milliards d’euros. (Source publication Banque de France) »

Derrière ces bons résultats globaux se cachent plusieurs zones d’ombres que nous rencontrons tous les jours dans nos cabinets :

  • Au-delà de 65 ans s’assurer et emprunter est un vrai problème alors que l’investissement locatif permettrait d’améliorer la retraite. A 65 ans il reste encore une vingtaine d’année de vie (au moins!). Un crédit sur 10 ou 15 devrait être possible.
  • Pour les petits revenus moins de 1800 euros nets par mois l’accès à la propriété est difficile. Une femme seule avec enfant l’accès à la propriété sans apport de 10% du montant de l’achat est impossible. (à Paris et région Parisienne même être locataire dans ces conditions est compliqué)
  • L’investissement dans les DOM TOM est mission impossible ; essayez d’obtenir un prêt pour un achat  dans les départements d’outre-mer. Ne parlons pas de l’étranger.
  • Si vous êtes créateur d’entreprise ; les choses se compliquent. Tout le monde reconnaît que l’entrepreneuriat est à développer. Malheur à celui qui passe du statut de salarié en CDI bien sûr à celui d’auto entrepreneur ou d’assimilé salarié. A moins d’être en mesure de produire 5 bilans (très positifs) les choses se compliquent. 
  • Si vous êtes investisseur dans l’âme vous serez également rattrapés par des règles internes de certains établissements qui voient d’un très mauvais œil que la part de vos revenus fonciers dépassent vos revenus salariés. Comme s’il était négatif en soi d’avoir un patrimoine immobilier qui rapporte.
  • Même les fonctionnaires, au sens général du terme, ne sont pas à l’abri beaucoup de postes dans la fonction publique débutent par des CDI parfois de 3 ans renouvelables avant d’avoir un statut « protégé ». Là aussi obtenir un financement n’est pas évident. 

Cette liste est bien évidemment non exhaustive ; ce que je veux souligner est que la croissance de notre économie (quand le bâtiment va tout va) est freinée par des blocages « administratifs », des aprioris non démontrables. Des risques imaginaires. Des sécurités éphémères.

Que signifie un CDI dans une entreprise qui peut déposer le bilan ; aucune entreprise n’a une certitude à 20, 25 ans durée des prêts immobiliers. 

Un couple sur deux en région Parisienne même en CDI peut divorcer. 

Pourquoi un investissement foncier dans les Dom tom (un Pinel Outre-Mer par exemple) serait plus compliqué que dans certaines banlieues ?  

Notre croissance économique pourrait être plus soutenue encore.

Se profile également un autre risque depuis trop longtemps nous sommes habitués à des croissances molles voisines de 0. Cela finit presque par nous rassurer. 

Une croissance à deux chiffres provoquerait, de surcroît, une peur irrationnelle. Nous commençons à entendre les cassandres qui sous prétexte de gérer leur risque commencent à parler de freiner la distribution du crédit. 

Madame Lagarde n’est pas encore arrivée à la tête de la BCE qu’on lui prête déjà l’intention de rehausser les taux d’intérêts.

En tant que courtiers nous nous battons (et nous y arrivons) afin de permettre à nos clients investisseurs de trouver le meilleur montage et le meilleur financement de leurs projets ; nous faisons partie du camp de ceux qui pensent que nous devrions accélérer notre développement économique.

Faciliter l’accès au crédit pour le plus grand nombre et notamment ceux dont on dit qu’ils sont l’avenir du pays, les entrepreneurs, serait une bonne chose.

N’ayons pas peur accélérons, ouvrons d’avantage le jeu. 

Ces chiffres sont une bonne nouvelle. Une formidable opportunité et pas un risque ! 

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