PRETS IMMOBILIERS OU LE GENIE ADMINISTRATIF

Alors que notre pays n’en finit pas avec la réforme des retraites l’impact des décisions de la Banque de France et de son Haut conseil à la Stabilité financière n’ont pas tardé à livrer leurs premiers effets.

Chaque citoyen sait en son for intérieur qu’il lui faudra prendre des initiatives s’il veut s’assurer contre la diminution trop forte de ses revenus en cas de pépin ou de retraite.

Nous sommes tous convaincus, également, que nos bons résultats économiques et du chômage sont fragiles et modestes.

La première initiative est d’être propriétaire de sa résidence principale. Une fois à la retraite on n’aura plus de loyer à payer. Le prêt immobilier doit être considéré comme une épargne. L’acquéreur place chaque mois une somme qui lui permettra d’être propriétaire de sa résidence et à la tête d’un capital qui se sera valorisé au fil du temps.

Le principe des taux fixes bas lui aura permis, face à l’inflation, de maintenir un niveau de remboursement qui aura diminué dans le temps en valeur réelle. Enfin, l’aura autorisé à être propriétaire alors qu’il y a quelques années avec des taux plus élevés c’était impossible.

A Paris et Région Parisienne les jeunes couples primo accédants ne peuvent plus être propriétaires de leur logement. Ne parlons pas des petits revenus pour qui c’est devenu impossible. Fixer à 25 ans la durée maximum alors que 30 ans (qui dans le réalité seront 9 puisque les prêts ne vont pas à leur terme initial) pénalise en premier les jeunes et les revenus moyens et modestes. Il fait être très riche pour être propriétaire à Paris et Région Parisienne pour une famille. C’est également le cas dans certaines villes de province (Bordeaux par exemple). Est ce normal quand on travaille avec une stabilité professionnelle de ne pas pouvoir s’offrir son logement?

L’endettement comme retraite par capitalisation. Là aussi les banques serrent la vis avec des exigences d’apport et de limitation de durée qui rendront les dispositifs d’investissements fonciers (LMNP, PINEL, De Normandie) accessibles aux ménages aisés seulement ; qui n’ont aucune difficulté à obtenir des financements au demeurant.

Nous avions vu ces dernières années beaucoup de salariés moyens faire des investissements locatifs ; cette clientèle va déserter nos cabinets. Avec un double effet ; rendre encore plus difficile leurs placements en vue de la retraite et rendre également plus compliqué les locations pour certains salariés à revenus moyens et modestes. Ces dispositifs fiscaux avaient pour contrepartie l’obligation de consentir des loyers modérés pendant plusieurs années.

Economiquement quand l’immobilier va tout va: grace aux prêts que le système bancaire Français consent avec beaucoup de professionnalisme (le niveau des provisions est très très faible) la bonne santé des prêts immobilier et leur dynamisme permettait à beaucoup de professions de se développer et contribuer à la création de richesse collective. (agents immobiliers, promoteurs, entreprises du bâtiment gros oeuvre et second oeuvre, courtiers en prêts, banques elles mêmes etc.). Tous paient beaucoup de TVA (sur chaque transaction immobilière), des impôts, l’IFI pour les gros patrimoines immobiliers etc.

Cette décision a déjà deux effets:

  • un resserrement de la distribution de crédit alors que nous sommes loin du compte selon une expression rendue célèbre par le regretté Georges Marchais. De tout temps les entrepreneurs et professions libérales peinent à se financer. Surtout soyez fonctionnaire et surtout pas créateur d’entreprise car dans ce cas obtenir un prêt est un parcours du combattant ; quand vous y arrivez ce qui est rare. L’accès au crédit s’est durci violemment depuis le dernier trimestre 2019 avec une accélération en Janvier 2020.
  • La hausse des taux d’intérêts se fait sentir avec des barèmes qui ont pris artificiellement 20 à 40 points de bases. La baisse des taux d’intérêts a coïncidé avec la croissance de la valeur des actifs des propriétaires. Une hausse artificiellement entretenue, ne vous y trompez pas, entraînera un effet pervers contraire. La valeur de votre patrimoine va baisser. Toutes les études démontrent que la rapidité et l’amplitude de cette hausse impact fortement la valeur des actifs. Evitons de jouer les apprentis sorciers.
  • Cette même hausse va opérer un transfert de richesse vers le système financier (en a-t-il vraiment besoin? Leurs résultats 2019 sont bons et c’est tant mieux, il faut se réjouir d’avoir des banques solides) mais aura un impact négatif sur la consommation des ménages (est ce le bon timing?)

J’ai envi de dire chapeau les artistes ; et c’est toute la beauté et n’ayons pas peur des mots le génie de notre haute administration.

S’emparer d’un problème qui n’existe pas.

Imposer des solutions qui aboutiront à une décroissance de ce marché essentiel à la croissance économique. (le bâtiment en fait)

Créer des problèmes qui n’existaient pas avant. Décroissance de la valeur des actifs immobiliers. Diminution du pouvoir d’achat, décroissance de la recette fiscale, difficulté accrue pour l’accession à la propriété, au logement locatif…

Bref du grand art,

Mais restons modeste, je n’ai très certainement rien compris. Bêtement j’aurais laissé les acteurs économique s’auto réguler et ne serais intervenu qu’en cas de problème démontré.

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